Sia Gbandeba

GI: Salut! Est-ce que tu peux dire quelques mots sur toi, d’où tu viens et  comment tu es parvenu à devenir jeune créateur aujourd’hui?

SG: Hey! Je m’appelle Sia, diplômée depuis une année de la H.E.A.D-Genève. Je suis une suissesse/sierra léonaise qui ai grandi en Floride et je vis actuellement à Paris où je fais un stage chez Christian Dior. J’ai toujours souhaité travailler dans la mode depuis un très jeune âge. Le terme designer de mode m’était toutefois inconnu jusqu’à ce que je regarde un documentaire sur la vie de Gianni Versace après sa mort en 1997. A ce moment-là j’étais capable pour une fois d’envisager une carrière qui se rapportait entièrement aux vêtements. Avant d’obtenir mon Bachelor en design de mode, j’ai intégré l’Ecole de Couture de Lausanne et y appris l’art de la confection de vêtements durant 3 ans. Ma formation se basait sur la couture, le moulage, le patronage, et la production textile.

GI: As-tu des influences et des modèles parmi les grands couturiers de la mode? Lequel est ton préféré?

SG: J’ai beaucoup appris récemment sur la vie de Jeanne Lanvin pendant mon stage dans cette maison et elle est devenue un de mes modèles favoris. Elle a commencé en tant que modiste et a construit de petit à petit son empire. Sa fille unique est devenue le centre et la base de son inspiration pour ensuite créer des vêtements. Je trouve que c’est une belle histoire. Sa capacité manuelle, son style élégant et ses notions d’affaires la rendent pour moi une idole.

GI: Peux-tu nous parler un peu de tes collections? 

SG: Dans mes deux dernières collections pour mon travail de diplôme j’ai pu essayer plusieurs techniques différentes dans le but de créer mes propres matières. Ce qui me fascine c’est de trouver grâce à la recherche textile des propositions intéressantes et penser à une façon de les rendre plus commercialisables. L’équilibre entre le travail fait main et la commercialisation de ces derniers est devenu petit-à-petit de ce que recherche dans mon propre travail et ce qui me pousse à travailler en pensant non seulement à la coupe des vêtements mais à leur qualité et leur richesse dans les textiles.

GI: Quels noms tu as choisi pour tes collection, qu’est-ce que ça évoque pour toi, quels rapports avec les vêtements as-tu?

SG: Pendant que je travaille j’écoute toujours de la musique donc souvent mes titres de collection ont un rapport à la musique. Parfois ce sont des paroles que je trouve par hasard qui sont liés à un sentiment que j’essaie d’exprimer à travers le vêtement et l’ambiance de la collection. Par exemple un de me titres est « The Most Virgin Dress You Could Possibly Wear » qui est tiré des paroles d’un groupe The Do. Cette phrase-là était à mon avis parfaite car je travaillais sur une collection de robe de marié et j’ai trouvé cette phrase très ironique.

GI: Comment as-tu conçu tes collections, quel a été ton point de départ ou tes inspirations?
SG: 
Ma méthode de travail est fortement basée sur la recherche dans l’histoire, la littérature et le cinéma. Grâce à cette recherche j’observe les traits de personnages ce qui me permet de créer des icônes par rapport à un thème spécifique et à mon goût. Ces traits peuvent être un certain charme, un geste particulier, une folie hystérique ou un sex-appeal que beaucoup de comédiennes ou de personnages littéraires mettent en scène. 

GI: Comment travailles-tu? Est-ce que être le créateur des vêtements est facile? Ou au contraire c’est difficile? Tes collections te prennent beaucoup de temps?
SG: 
Je recherche les formes et les courbes directement sur un corps. Mon travail se développe souvent d’abord en moulage plutôt qu’en dessin. Quand les formes générales sont définies je mets une grande attention sur les détails par exemple dans les finitions ou la construction intérieure des vêtements. Il m’arrive également de traiter la matière ce qui me permet de faire une confrontation entre les textiles classiques pour les rendre à jour mais aussi de donner des ambiguïtés sur un motif commun. Tout ce processus est à mon avis la partie qui prend le plus de temps. Dès qu’on a pris les décisions, tout va beaucoup plus vite. Je trouve que c’est des fois dur comme travail parce qu’on doit constamment être à la recherche de nouveautés et ça m’arrive d’être en manque d’inspiration.

GI: Tu participes souvent aux événements de mode pour te faire connaître?

SG: Non, je ne participe pas souvent aux concours, je me suis plus intéressée à intégrer une maison pour le moment.

GI: Quels sont tes futurs projets? 

SG: Pour l’instant j’aimerais continuer à faire quelques stages dans le but de travailler dans une maison à Paris. Dans le futur j’aimerais beaucoup créer ma propre marque mais ce n’est pas prévu pour tout de suite.