Elodie Collet

GI: Salut! Est-ce que tu peux dire quelques mots sur toi, d’où tu viens et  comment tu es parvenu à devenir jeune créateur aujourd’hui?

EC: Je viens d’un petit village savoyard, j’ai fait une classe préparatoire en arts appliqués puis deux ans de BTS Design de Mode à Nîmes, dans le sud de la France, pour finir par une formation en Design de Mode à la HEAD Genève.

GI: As-tu des influences et des modèles parmi les grands couturiers de la mode? Lequel est ton préféré? 

EC: Lucy Orta, Michel Pastoureau, Viktor Papanek, les 5.5 Designers… Les nombreux sont ceux qui influencent ma pensée et ma pratique du design mais je pense que mes influences principales, en terme d’inspirations, se trouvent dans la littérature. Les livres m’entourent et m’accompagnent dans mon processus de designer. Ce sont de fantastiques compagnons créatifs. Quand je commence un projet celui-ci est très souvent influencé par l’univers des livres que je lis dans le même temps. Parmi ceux qui m’ont le plus marqués et influencés je peux citer Ernest Hemingway, Romain Gary, Charles Bukowski mais aussi est surtout Haruki Murakami.

GI: Peux-tu nous parler un peu de tes collections? 

EC: Les vêtements au travers de leurs coupes, de leurs couleurs et de la façon dont ils sont mis en scène créent un vocabulaire, un langage qui dessine les contours un peu flous d’une histoire dans laquelle le spectateur n’a plus qu’à plonger. J’aime l’idée que cette histoire soit une histoire ouverte, qu’elle laisse la place à celui ou celle qui porte le vêtement de se l’approprier, d’y insérer son ressenti, son imagination, de raconter sa propre histoire…

GI: Quels noms tu as choisi pour tes collection, qu’est-ce que ça évoque pour toi, quels rapports avec les vêtements as-tu?

EC: «Cherry, Cherry» est une collection qui évoque mes souvenirs d’enfance, celui des vacances que je passais dans la ferme de mes grands-parents dans le sud-ouest de la France. La narration y  tient une place particulièrement importante, mes créations racontent des histoires, au sens propre comme au figuré, puisqu’on retrouve sur plusieurs pièces du texte brodé à la main. Texte qui raconte, à qui a la courage de le déchiffrer, des bribes de souvenirs…

GI: Comment as-tu conçu tes collections, quel a été ton point de départ ou tes inspirations?

EC: Pour cette collection l’inspiration est venue directement du vestiaire du souvenir de mes grands-parents et du vestiaire fantasmé de l’enfance. Pour mes recherches j’ai collecté bon nombre de vêtements qui m’évoquaient ceux que pouvaient porter mes grands-parents mais aussi des habits plus enfantins. S’en est suivi un travail de stylisme, d’assemblage, afin de trouver des pistes, des silhouettes intéressantes… Ensuite je me suis intéressées aux couleurs, aux broderies et aux imprimés car ce sont des choses auxquelles je suis très sensible. « Cherry, Cherry » est une collection aux couleurs vives, lumineuses, faites d’imprimés fleuris et de broderies et de joie de vivre.

GI: Comment travailles-tu? Est-ce que être le créateur des vêtements est facile? Ou au contraire c’est difficile? Tes collections te prennent beaucoup de temps?

EC: Créer une collection est un processus qui nécessite beaucoup de travail et du temps. Il faut trouver l’inspiration, mûrir le projet, expérimenter (beaucoup) et enfin faire face à tous les défis techniques que l’on rencontre mais c’est toujours un plaisir de mener à terme un projet et de voir le résultat final.

GI: Tu participes souvent aux événements de mode pour te faire connaître?

EC: Pas vraiment, je suis assez timide lorsqu’il s’agit de parler de mon travail. La communication autour de mes projets reste quelque chose que je dois travailler.

GI: Quels sont tes futurs projets? 

EC: J’ai collaboré avec des théâtres en tant que costumière, je fais entre aussi des illustrations, j’aimerais beaucoup collaborer avec d’autres créateurs, notamment en broderies, voir comment mon imaginaire et mon univers peuvent s’intégrer à celui d’autres designers…