Allison Lianza

GI: Salut! Est-ce que tu peux dire quelques mots sur toi, d’où tu viens et  comment tu es parvenu à devenir jeune créateur aujourd’hui?

AL: Salut! Je suis née en Suisse plus précisément à Lausanne. A 24 ans, j’ai enfin demandé la nationalité suisse, désormais je suis Suisse, Française et Italienne. Après avoir terminé mes études en économie, je me suis réorientée vers la mode en suivant le Bachelor en design mode à la HEAD à Genève (Haute Ecole d’art et de design). Après être diplômée, en juillet 2015, je suis directement partie à Paris pour un stage chez AALTO, marque finlandaise, basée à Paris et créée par Tuomas Merikoski. Finalement, j’y suis restée un an et je viens tout juste de partir pour me lancer dans un master de création de mode à l’IFM Paris (Institut français de la mode).

GI: As-tu des influences et des modèles parmi les grands couturiers de la mode? Lequel est ton préféré?

AL: La plupart du temps, mes influences et mes sources d’inspirations sont des artistes et des photographes, mais il y a bien sûr des designers dont l’esthétique m’attire, c’est le cas de la Maison Prada et Mui Mui (Miuccia Prada) ou encore Marni. A vrai dire, ces derniers temps, je suis particulièrement séduite par les designers italiens.

GI: Peux-tu nous parler un peu de tes collections? 

AL: Mes créations sont des collections femme. J’ai essayé de réaliser des collections homme, au début de mes études, mais cela ne m’a pas vraiment convaincu, je ne me sens pas assez à l’aise avec le corps au masculin pour créer pour eux.

Ma pré-collection est basée sur le thème «Imaginarium», j’ai créé un «monde parallèle», un mélange entre la nature et l’urbanisme où l’environnement inspire et reflète ma pré-collection. Les matières principales sont du cuir et de la maille. Les formes arrondies et douces expriment la nature de mon «monde parallèle» alors que les superpositions représentent l’architecture.

Pour ma collection, ma première inspiration a été une bouteille de sauce tomate, pas n’importe laquelle «la bouteille de sauce tomate de ma famille». Chaque été toute ma famille se réunit chez mes grands-parents pour préparer la passata, un coulis de tomate, consommé tout au long de l’année. Une des uniques traditions italiennes que j’ai intégrées. J’ai joué avec les clichés et les stéréotypes. J’ai commencé à travailler cette collection comme si j’étais obsédée par cette bouteille de tomate qui a été traduite par des borderies, plusieurs imprimés ainsi que par la forme et la texture du coulis de tomate.

GI: Quels noms tu as choisi pour tes collection, qu’est-ce que ça évoque pour toi, quels rapports avec les vêtements as-tu?

AL: Le nom de ma pré-collection est «Imaginarium» d’où la création de ce monde parallèle qui sort de mon imagination.

J’ai nommé ma collection «21.05.2015», un clin d’œil à la date à laquelle je suis devenue suisse, pendant la création de ma collection, mais si je devais lui redonner un nom aujourd’hui, je l’appellerais tout simplement «Tomato sauce».

GI: Comment as-tu conçu tes collections, quel a été ton point de départ ou tes inspirations?

AL: Mon point de départ pour mes collections est mon entourage et l’environnement dans lequel je suis et je vis.

Mon processus de travail est toujours le même, tel un petit «rituel». Tout d’abord, je compose mon univers créatif, moodboard et photos, que j’associe à des mots clefs. Ensuite, je me lance dans la recherche de formes en réalisant des expérimentations à même le corps. Je recherche aussi de nouvelles matières qui pourraient être susceptibles d’entrer dans mon projet.

Après ces travaux préalables, je dessine mes silhouettes, mes looks, je confectionne mes patrons, je monte mes toiles pour essayer mes prototypes sur un modèle, je rectifie la forme, les longueurs, etc. Une fois ces étapes achevées, je passe au dessin technique et je peux enfin monter mon prototype final (le vêtement) ou envoyer mon patron à une usine qui s’occupera de le monter pour moi.

GI: Comment travailles-tu? Est-ce que être le créateur des vêtements est facile? Ou au contraire c’est difficile? Tes collections te prennent beaucoup de temps?

AL: Personnellement, je serais capable de travailler 6 ans sur une collection, mais aujourd’hui le contexte professionnel est très exigeant et nous demande de créer 4 collections par an. Du coup, j’ai envie de dire que nous faisons avec le temps que nous avons.

Une collection prend beaucoup de temps, c’est très éprouvant, c’est fatiguant physiquement mais aussi psychologiquement. Mais pour être honnête, je ne changerais pas de métier tant que j’arrive à suivre le mouvement, chaque matin en me levant je suis ravie de me remettre au travail.

GI: Tu participes souvent aux événements de mode pour te faire connaître?

AL: J’avoue que ce n’est pas mon point fort, pour l’instant, je n’ai jamais essayé de participer à des concours ou évènements comme le festival d’Hyères. Mais je commence à y penser de plus en plus…, pourquoi pas à la fin de mon master à l’IFM Paris.

GI: Quels sont tes futurs projets? 

AL: Pour l’instant mon projet est de me concentrer sur ma formation à l’IFM Paris, mon métier de designer et après mon master de continuer à travailler pour des marques au sein des studios de création.